La Fédération de Wushu (FWS) va fêter une année d’existence fin juin, c'est l'occasion de faire le bilan avec vous sur cette saison qui s’achève ainsi que sur la situation des arts martiaux chinois en France, sous la forme de questions/réponses.
Question : Quel regard portez-vous sur la saison qui s’achève ?
Un regard serein, il faut dire que nous partions de rien et que nous avons créé notre fédération FWS dans l’urgence. Beaucoup nous promettaient un avenir éphémère et ont sous estimé la capacité des licenciés d’arts martiaux chinois de penser par eux-même. Le rassemblement des arts martiaux chinois proposer sous forme d’annexion par le ministère des sports, a échoué. Aujourd’hui nous pouvons dire que le pari est réussi, nous sommes un peu plus de 4000 licenciés avec des projets pleins les cartons.
Question : Quelles ont été vos réalisations majeures de cette saison ?
Elles se sont organisés autour de 3 axes : La constitution d’une équipe fédérale soudée et performante en utilisant les talents qui jusqu’ici avaient été négligé, l’organisation de manifestations exceptionnelles avec les meilleurs représentants de notre discipline, la mise en place d’une formation adaptée, modulables qui s’adresse enfin aux arts martiaux chinois toutes tendances confondues avec la labelisation d’un diplôme d’assistant fédéral et d’un diplôme d’ instructeur fédéral.
Question : Vous avez fait venir des équipes de Wushu parmi les plus prestigieuses. Dans quel but ?
De faire venir la Chine à tous ceux qui ne peuvent se payer le voyage ainsi que de mieux faire connaître nos disciplines. Nous avons eu l’honneur de recevoir l’équipe de Laïzhou et son président Maître LI Mingzhi qui ont participé au festival des arts martiaux de Bercy et ont dirigé un stage théorique et technique portant sur les grades chinois. Nous avons reçu aussi une équipe de la province de Guangdong, 9 athlètes tous champions de Chine qui ont enthousiasmé le public amateur de Wushu dans une démonstration époustouflante à la halle Carpentier. Le lendemain nous avons bénéficié de leurs grandes expériences dans un séminaire portant sur les styles majeurs du Wushu.
Question : Vous avez organisé un passage de grade chinois (Duan) avec trois des plus hauts gradés chinois, grands maîtres de Wushu 9ème duan, de l’association chinoise de Wushu. Comment avez vous fait aboutir ce projet jusqu’alors insensé ?
Par la ténacité, la sincérité et un réseau relationnel solide. Je travaille avec toute mon énergie pour le développement de ma discipline depuis plusieurs décennies, cela crée des amitiés parmi les maîtres les plus célèbres. En effet nous avons eu la chance de recevoir les maîtres Zhang Shan, Xia Baïhua et Wubin tous 9ème duan (Il en existe que 10 en Chine) Ils m’ont fait l’amitié de venir orchestrer le plus grand passage de grade qui n’ait jamais été organisé, même en Chine ! Nous étions 135 récipiendaires venant essentiellement de France mais aussi de Suisse, de Belgique, d’Italie, d’Allemagne et d’Algérie.
Question : Comment les stagiaires ont-ils vécu ce séminaire ?
Comme un moment magique, exceptionnel, il y avait beaucoup d’émotion dans la salle. C’était la première fois au monde que des experts aussi éminents étaient réunis pour un tel événement. Leurs conseils, leurs remarques, leur enthousiasme, la chaleur avec laquelle ils ont démontré leur maîtrise technique et théorique, ont été ponctués par de nombreux applaudissements. Tous les pratiquants, instructeurs, professeurs ont reçu la « leçon » avec beaucoup d’humilité. Imaginé le maître Wubin, célèbre professeur de l’acteur Jet Li mais aussi éminent coach de l’équipe de Beijing qui a formé la plupart des champions contemporains du Wushu, face au très énergique Xia Baïhua, moins connu que son homologue mais pourtant ô combien célèbre en Chine, exécutant des applications martiales du styles Tanglangquan, où les coups de pied puissants claquaient sur le flanc de Wubin, sans qu’il ne grimace mais au contraire esquissait un sourire devant l’œil amusé de maître Zhang Shan, le chef de la délégation. Il faut dire que ces trois grands maîtres font partis de la même génération, ils ont 210 ans, à eux trois !
Question : Avez-vous organisé des compétitions ?
Bien sûr, nos Coupes fédérales ont remporté un franc succès. Nous voulons développer des compétitions par niveau afin de toucher une population qui jusqu’à présent avait été écartée par trop d’élitisme. Nous voulons promouvoir des chalenges avec des systèmes de compétitions originaux qui permettent des rencontres mixtes (Hommes/femmes) mais aussi en métissant les âges (Jeunes et seniors) dans le respect de l’intégrité de tous. C’est pour cette raison que nous promotionnons le « Qingda », sorte de Sanda light, plus ouvert et moins dangereux. La technique n’est pas oubliée avec les formes officielles de compétition mais également une revalorisation des styles traditionnels qui possèdent leurs propres catégories.
Question : Et le Sanda ?
Le Sanda compétitif s’adresse à une élite qui ne représente pas la majorité des pratiquants. Malgré tout, nous désirons mieux faire connaître cette discipline en participant entre autre à des rencontres de hauts niveaux en Sanda professionnel. Nous revenons d’une rencontre Sandapro dans la province du Shangdong (Chine) qui a rassemblé 30000 spectateurs, retransmis en direct à la télévision. Notre sélection française a fait forte impression et a remporté deux victoires sur 7 combattants engagés face aux meilleurs combattants chinois du moment, ce qui est un exploit ! Les spectateurs français pourront découvrir ce tournois à la rentrée sur Sport + avec notre ami Jean-Paul Maillet.
Question : Le mot de la fin ?
Aujourd’hui une véritable Fédération de Wushu existe en France, celle-ci n’est pas délégataire mais a la reconnaissance des plus grands maîtres chinois, notre légitimité nous allons la chercher hors de nos frontières… Toutes nos actions sont financées par le produit de nos licences, nous n’avons aucune subvention, donc pas de déficit financé par les contribuables.
Le Président, Roger Itier