LA FEDERATION DE WU SHU, « Un style pour chacun une voie pour tous ! »
Rappel :
Revenons rapidement sur le contexte politico-sportif qui a conduit aujourd’hui à la création de la première Fédération de Wu Shu. Depuis le mois de mars 2005, le Ministère des sports s’est mis en tête d’unifier les arts martiaux chinois dans notre pays. Cette idée dans un premier temps séduisante, s’est révélée par la suite une véritable intention d’annexion du C.N.K.W. par la Fédération de Taijiquan et de Qigong avec le concours surprenant du Ministère de tutelle !!!
Bien évidemment l’ensemble du comité directeur du C.N.K.W. a voulu croire dans un premier temps que les licenciés seraient pris en compte dans les négociations. Mais comme vous le savez déjà, les affiliations à la FTCCG doivent se faire par absorbtion de chaque association et non pas dans l’esprit d’un protocole d’accord ; c’est une première historique en matière de fusion mais une bonne stratégie en matière d’annexion : « Divisez pour mieux régner »
Dans ces conditions le CNKW n’a pas voulu répondre à l’injonction du ministère. Toujours soucieux de préserver les intérêts des licenciés en garantissant la reconnaissance des grades, diplômes, titres ainsi que la représentativité des arts martiaux chinois internes et externes issus du CNKW, tous les membres du comité directeur CNKW ont constaté qu’aucun rapprochement n’était possible dans ce contexte hostile. Nos derniers entretiens avec MM. Herbin et Agreke du Ministère des Sports n’ont d’ailleurs laissé aucun doute sur l’issu du processus : « Rentrez à la FTCCG et vous changerez les statuts de l’intérieur ! ».
Cette façon d’agir de la FTCCG n’est pas nouvelle : rappelez-vous, cette dernière avait intégré le groupe de Qi Gong représenté par Dominique Casays avec à la clé, l’obtention de son agrément ministériel. Or, un an après, le fonctionnement autocratique de la FTCCG a poussé l’intégralité du conseil technique du Qi Gong à démissionner. Depuis, ce groupe est devenu la Fédération Européenne de Qi Gong (forte de 8000 licencié(e)s) qui a décidé de créer un front uni avec notre Fédération de Wu Shu par une reconnaissance mutuelle de nos structures.
Répondre à une demande :
Encouragés par une majorité de nos associations affiliées qui ne veulent pas suivre cette voie présentée comme unique et irréversible, nous avons créé la première Fédération de Wu Shu qui regroupe les expressions majeures des arts martiaux chinois (Interne, Externe, Styles anciens et Arts du combat chinois)
Aujourd’hui nous voulons vous rendre la parole en créant une dynamique qui lie l’éthique, la technique, les savoirs ancestraux, la pédagogie contemporaine et les expressions en devenir comme l’art du combat chinois. Et tout le monde rassemblé autour d’un mot d’ordre :
« Un style pour chacun,une voie pour tous ! »
Le projet :
Nous encouragerons toutes les initiatives constructives qui conduiront à développer, à promouvoir, à accompagner le Wu Shu, afin de le faire connaître du grand public. Notre art martial mérite décidément beaucoup mieux que ce que l’on nous a proposé jusqu’alors. Les forces vives d’une Fédération, ce sont ses licenciés (vos élèves, qui ne sont pas que des compétiteurs) aussi nous mettrons à leur service, avec votre concours, des structures épanouissantes qui leur permettront de se sentir accompagnés dans leur pratique et aidés dans leurs orientations martiales.
En qualité d’enseignants, les agents multiplicateurs que vous êtes serez soutenus tout autant : la Fédération de Wu Shu va mettre en place différents outils informatiques via Internet pour répondre à vos attentes en terme de gestion d’associations, de liens et de contenus pédagogiques, avec notamment l’accessibilité à des savoirs (historique des styles, planches de Taolu, plans de cours, programmation pour les compétiteurs, service juridique, archives, vidéos, etc.) Pour optimiser votre engagement associatif et ainsi vous faciliter la tâche, un collège de ceintures noires et gradés sera le lien entre la Fédération et vos écoles.
La Fédération et l’ensemble du nouveau comité directeur ainsi que le collège des experts fédéraux mettront tout en œuvre pour faire aboutir notre projet commun : une véritable fédération qui soit au service de chacun. Nous voulons redonner un esprit chevaleresque à la pratique du Wu Shu en créant une méthodologie avec une « touche » Française qui respecte la tradition, la réglementation sportive mais qui se nourrisse aussi des particularité de notre pays à forte valeur ajoutée en matière martiale. Et comme on ne peut développer que ce que l’on connaît, la formation et la veille technique joueront un grand rôle dans l’architecture de notre Fédération.
Toutes les tendances du Wu Shu seront développées sans aucune hégémonie de l’une sur l’autre. « Le Taijiquan est un Wu Shu, comme le Sanda pour l’art du combat, comme le Changquan pour les styles contemporains ou le Wing Chun pour les styles anciens ». Avec nous, la pluralité n’est pas un défaut mais une qualité dès lors qu’ elle enrichit l’ensemble. Nous avons la volonté également de sortir des clivages stériles en matière de styles (Nord, Sud, Taijiquan), tendances (Interne, Externe, Combat) où au-delà des catégories démographiques : femme, homme, enfant nous avons la passion de notre art martial. Nous ne voulons plus que le Wu Shu soit l’art martial malade de la France !
Ne laissons à personne le soin de nous dicter ce que nous voulons pour notre art martial. Nous voilà enfin libres de décider par nous-mêmes – pour nous-mêmes - et pour le bien de tous ! La liberté implique d’abord la responsabilité, aussi nous veillerons à ce que les intérêts communs de nos licenciés ne soient pas confisqués par les intérêts particuliers de certains. Nous respectons le passé, en faisant l’expérience du présent pour préparer l ‘avenir.
Les comités régionaux :
Nous désirons mettre en place de nouvelles relations avec nos comités régionaux qui seront les relais privilégiés de vos associations affiliées. Une nouvelle forme de travail est possible ; partout les preuves, l’évidence, l’urgence de mettre en place ce type de structures s’imposent. Bientôt seront disponibles sur notre site les statuts téléchargeables des comités régionaux que vous aurez la mission de constituer avec votre équipe. Ce maillage indispensable du territoire nous permettra d’optimiser le développement de vos ligues. Ces structures n’existent que par les femmes et les hommes qui les animent et garantiront une meilleure synergie Province-Paris. Pour appuyer ce désir, une commission du développement régional a été créée et sera dédiée entièrement à cet objectif. Avec nos amis de province nous allons construire une nouvelle voie pour les arts martiaux chinois avec une autre idée de la réussite. Certaines branches culturelles du Wu Shu sont restées dans l’ombre, il est temps de leurs redonner une clarté. Nous allons devenir les « nouveaux ancêtres » en créant la première Fédération de Wu Shu indépendante. Ce printemps silencieux a suscité déjà des réactions passionnées de la plupart de nos présidents d’associations. Nous affirmons que le Wu Shu est une culture, mais il nous faudra la façonner avec l’aide de toutes les forces vives fédérales (licenciés, enseignants, présidents, dirigeants) parce que celle-ci est une œuvre en cours d’élaboration.Les nombreux soutiens que nous avons reçu laissent présager d’un avenir prometteur.
Plus que jamais il nous faut sortir du cadre de référence habituel en mettant en pratique nos valeurs. Cette Fédération de Wu Shu tant attendue est maintenant là, et il faudra dorénavant compter avec elle. Nous sommes porteurs d’une image positive pour l’avenir, les 15300 miroirs que vous êtes éclaireront le paysage martial français. Nous allons relever une année de défis mais en étant uni, nous réussirons.
J’ai confiance en vous, pratiquants de notre art martial, pour choisir la sincérité de l’engagement plutôt que la servitude. Aujourd’hui le sport français vient de perdre l’organisation des Jeux Olympiques de 2012. Paris ne sera pas la capitale du sport planétaire. Si le citoyen Français peut être déçu de cette nouvelle, le Ministère des Sports devra tirer les conclusions de cette échec en repensant l’organisation et la conception du mouvement sportif en France. La compétition n’est pas une fin en soi et la majorité des pratiquants de disciplines sportives ne sont pas des compétiteurs. Il convient d’orienter la politique sportive vers le tissus associatif qui est garant du lien social en mixant les populations (Jeunes, adultes, seniors, femmes, hommes, enfants, handicapés) .
Le Wu Shu est une discipline de choix pour véhiculer ces idées, et gageons que le ministère reconsidérera son option actuelle. Le Wu Shu, s’il mérite d’être présent en qualité d’épreuve de compétition, a une dimension beaucoup plus vaste que la simple expression compétitive. Beaucoup de pratiquants sont attirés par l’aspect santé, bien-être, « défense personnelle », et par toute la culture qui est sous-jacente à la pratique. La majorité de nos pratiquants est issue de ce tissus social qui considère les arts martiaux chinois comme un moyen de réalisation. Ne les décevons pas en les oubliant une fois encore !
En nous rejoignant, vous marquerez votre différence et votre désir de construire une Fédération à votre image.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur l(a)e Président(e) , cher(e) Professeur(e), mes meilleurs souhaits de réussite.
Le 5 juillet 2005, Le Président de la F.W.S. (Fédération de WU SHU)
Roger ITIER